Nicolas Licata décroche une bourse UniGR
Junior Fellowship
Nicolas Licata, maître de conférences à l’Université de Liège, décroche une bourse UniGR au sein du Käte Hamburger Kolleg de l’Université de la Sarre.
À partir du 3 octobre prochain, Nicolas Licata rejoindra pour une année le prestigieux Käte Hamburger Kolleg for Cultural Practices of Reparation (CURE) de l’Université de la Sarre, en Allemagne. Sélectionné parmi des candidats du monde entier, il bénéficiera d’une UniGR Junior Fellowship, une bourse postdoctorale de douze mois spécialement destinée aux jeunes chercheurs des universités partenaires de l’Université de la Grande Région (UniGR).
Financé par le ministère fédéral allemand de l’Éducation et de la Recherche (Bundesministerium für Bildung und Forschung), le programme CURE rassemble chaque année entre dix et treize chercheurs internationaux autour d’une question centrale : comment les sociétés peuvent-elles composer avec les blessures du passé pour construire un avenir plus juste et apaisé ?
L’obtention de cette bourse illustre l’un des atouts majeurs de l’UniGR : offrir aux chercheurs de la Grande Région un accès privilégié à des réseaux scientifiques internationaux de haut niveau. Parmi les treize fellows accueillis cette année, une seule bourse est réservée à un jeune chercheur issu d’une université partenaire de l’alliance, soulignant ainsi la reconnaissance accordée à l’excellence académique développée au sein du réseau transfrontalier Université de la Grande Région.
Explorer les héritages de la honte dans la littérature hispano-américaine
Au cours de son séjour à Sarrebruck, Nicolas Licata développera un projet intitulé « La honte en héritage : blessures et réparations dans le récit de filiation hispano-américain ».
Ses recherches s’inscrivent dans le courant des récits de filiation, une forme littéraire particulièrement dynamique ces dernières années. Dans ces œuvres, les écrivains enquêtent sur leur histoire familiale, parfois à travers plusieurs générations, voyageant sur les traces de leurs aînés, recueillant des témoignages et fouillant dans diverses archives dans le but de restituer des trajectoires régulièrement occultées par le silence et l’oubli. Leurs auteurs ne manquent pas, par ailleurs, d’y mettre en scène leur propre démarche de recherche, devenant ainsi eux-mêmes des personnages de leur enquête.
À partir d’un corpus d’œuvres hispano-américaines, le chercheur s’intéressera à la manière dont certaines émotions, notamment la honte, se transmettent et se transforment de génération en génération. Derrière ces histoires familiales souvent marquées par d’importantes inégalités sociales, les guérillas, les dictatures et l’exil, émergent diverses formes de honte, comme celles liées à des actes violents subis ou commis par les ascendants, la honte de classe, la honte pouvant toucher au genre ou encore celle liée à une ascendance indigène.
« En creusant ces récits, j’ai constaté que la honte, sous des formes variées, occupait une place centrale. Ce qui m’intéresse, c’est la façon dont les écrivains la décrivent, mais aussi et surtout ce qu’ils en font », explique-t-il. « Ces récits constituent des observatoires privilégiés pour examiner les transformations dont la honte peut faire l’objet au fil du temps. Certaines hontes héritées du passé deviennent aujourd’hui de véritables motifs de fierté. À l’inverse, certaines fiertés d’hier peuvent être perçues comme des hontes aujourd’hui. »
Une communauté internationale de recherche
Le Käte Hamburger Kolleg CURE offre un environnement particulièrement propice à ce type de réflexion interdisciplinaire. Pendant douze mois, les fellows internationaux partageront non seulement un même lieu de travail, mais également un cadre de vie favorisant les échanges scientifiques quotidiens. Hébergés dans le même bâtiment et disposant chacun d’un bureau sur place, ils participeront à un programme collectif rythmé par des séminaires et des présentations régulières de leurs travaux.
Chaque mois, les chercheurs résidents auront ainsi l’occasion de présenter l’avancement de leurs recherches devant leurs pairs, favorisant le dialogue entre disciplines et perspectives internationales.
Pour l’Université de Liège, cette sélection constitue une reconnaissance de la qualité de sa recherche et démontre également la valeur ajoutée des coopérations développées au sein de l’UniGR, qui permettent aux chercheurs de la Grande Région d’intégrer des réseaux scientifiques d’excellence bien au-delà des frontières nationales. Par ailleurs, cette bourse avait déjà été attribuée à Julien Pieron, chargé de cours de l'université de Liège, dans un des appels précédents.
Pour en savoir plus sur les opportunités offertes par l’UniGR
Contact: Florence Hautekeer
